Stérilisation d’une chienne sous coelioscopie mini-invasive (à gauche): retrait des ovaires sous contrôle vidéo, par deux petites incisions uniquement. Gastropexie : fixation de l’estomac (à droite), seuls deux petites sutures doivent cicatriser.

Rhinoplastie chez deux brachycéphales : ouverture des narines sténosées (anomalie de naissance). L’animal respirera alors normalement sans difficulté.

Palatoplastie chez un brachycéphale : retrait de la portion libre du voile du palais qui obstrue le larynx et empêche l’animal de respirer correctement (anomalie de naissance).

Chirurgie vidéo-assistée d’un abcès de la glande salivaire

Chirurgie de la prostate guidée par échographie.

Gastropexie classique : fixation de l’estomac sur la paroi abdominale chez les grands chiens. Cette opération se fait en prévention de la « torsion d’estomac » et en traitement lors d’une urgence.

Shunt extra-hépatique du petit chien : occlusion progressive par un cellophane sur un vaisseau anormal contournant le foie (anomalie de naissance).

Ligature du canal artériel dans le thorax: à la base du coeur, fermeture définitive d’une artère anormale entre l’aorte et l’artère pulmonaire (anomalie de naissance).

Traitement définitif de l’otite chronique : ablation totale du conduit auditif et ostéotomie latérale de la bulle tympanique.

Biopsies de foie sous coelioscopie mini-invasive après visualisation de tous les organes de la cavité abdominale chez un chien affaiblit. Seuls deux petits trous ont été fait dans le ventre, réveil rapide.

LA CHIRURGIE DES TISSUS MOUS,
QU’EST CE QUE C’EST ?

 

La chirurgie des tissus mous est une discipline à part entière. Elle se distingue de l’orthopédie et de la chirurgie neurologique qui traitent les problèmes de fracture osseuse, d’arrachement ligamentaire, de luxation, de paralysie ou d’arthrose.

Elle concerne les stérilisations des mâles et des femelles, les césariennes, les réparations de hernies, les chirurgies vasculaires, les chirurgies de tous les organes du corps et des tumeurs dont la localisation est très variable (thorax, abdomen, membres, face…).
La chirurgie des tissus mous peut s’avérer extrêmement délicate en particulier si l’organe opéré et de petite taille, mal placé ou fragile.

Cette discipline n’est pas autonome (sauf peut-être pour les stérilisations).
Elle s’inscrit dans le cadre d’une DEMARCHE DIAGNOSTIQUE : c’est le dernier maillon après une recherche médicale.
Le chirurgien « tissu mou » est le bras armé de son collègue médecin qui fait le diagnostic, évalue la gravité, propose des solutions médicales et soit en cas d’échec (les calculs vésicaux ne disparaissent pas avec le traitement instauré par exemple …), soit parce qu’il n’a pas de solution (la tumeur doit être retirée au plus vite…), fait appel au chirurgien.

La chirurgie doit être considérée comme l’ultime solution. En effet le vétérinaire devra toujours, si cela est possible, lui préférer un traitement moins invasif et moins douloureux pour l’animal. Le couple chirurgien-médecin doit travailler ensemble en réelle harmonie.
Plus l’entente et  la confiance réciproque sont bonnes, plus le service proposé sera optimal.
Le chirurgien est au médecin ce que les forces spéciales sont aux politiques si l’on peut s’exprimer ainsi.

Les deux disciplines évoluent par ailleurs de plus en plus vite grâce aux progrès techniques. Il y a 20 ans, les cliniques vétérinaires s’équipaient d’ un échographe ou d’un analyseur de biologie médicale, maintenant, elles visent une radiographie numérique ou un scanner. Cette course à l’armement en appareils vit une accélération à la fois formidable et angoissante! A la fois formidable car elle permet des diagnostics plus poussés et donc plus d’espoir de guérison mais, également angoissante car le vétérinaire fait sans doute moins confiance à son esprit clinique et se trouve complexé s’il n’a pas accès à cette technologie.

De la même façon, la chirurgie des tissus mous reprend des règles certes anciennes mais en constante évolution. En permanence, les consensus évoluent concernant l’anesthésie, la gestion de la douleur, les voies d’abord chirurgicales, les protocoles opératoires, la suture des organes…

Depuis quelques années, la vidéo a révolutionné la chirurgie. Nous avons à notre disposition des caméras de très faible diamètre utilisables pour de nombreuses procédures.

Pour extraire un calcul de la vessie, on devait auparavant faire une ouverture de quelques cm. A l’heure actuelle, un trou de 3 mm suffit à faire pénétrer la caméra, à parfaitement examiner l’intérieur de la vessie et être quasi certain d’avoir retiré tous les calculs. Selon une étude récente, avec une ouverture classique, 20% des calculs peuvent être oubliés (Grant DC et al. J.A.V.M.A. 2010).

On peut en pratique introduire ces caméras dans tous les organes avec un grossissement et une qualité d’image incroyable (Nez, oreille, bulles tympaniques, thorax, vésicule biliaire, canal biliaire, estomac, intestin, rein, vessie, voies génitales, fistules…).Beaucoup de choses restent encore à perfectionner. Chaque année, de nouvelles applications sont présentées aux congrès nationaux et internationaux.

Depuis quelques années, la laparoscopie est une avancée technologique qui se démocratise également au sein des cliniques vétérinaires.Là encore, comme en humaine, les possibilités et les bénéfices sont considérables.

A titre d’exemple, il y a 15 ans, pour faire une biopsie de foie en cas de suspicion de tumeur, d’hépatite ou de cirrhose et prélever l’équivalent d’un petit pois de tissu, (suffisant pour faire le diagnostic), on devait faire une ouverture de 10 cm.
Grâce à la laparoscopie, 2 petits trous de 5 mm suffisent et permettent de visualiser l’organe de façon extraordinaire !
On imagine aisément la différence pour l’animal rentrant à la maison le soir de la chirurgie. De façon courante on pratique la stérilisation des chiennes avec le même bénéfice. Dans les prochaines années, de nombreuses interventions chirurgicales seront rendues possibles grâce à ces nouvelles technologies tout en étant plus efficaces et moins douloureuses.Ainsi, lorsque le médecin le demande, le chirurgien « tissu mou » doit être à même de mettre à la disposition de nos animaux la technique la plus appropriée et la moins douloureuse.

C’est cet esprit d’équipe MEDECINE-CHIRUGIE que nous visons toujours à améliorer en cherchant à progresser dans notre pratique et en faisant l’acquisition de nouveaux matériels notamment en imagerie (radiologie numérique, échographe de dernière génération, scanner, systèmes permettant la chirurgie vidéo-assistée…).

Nous n’imagions pas en 1996 que notre métier évoluerait comme cela et soyons certains que les nouvelles générations de vétérinaires feront le même constat dans 20 ans.

                                                                                              Dr Rémi Gautier

Remi gautier